Temps de lecture - 5 minutes
Mis à jour le 19 octobre 2026
La relève représente l'avenir des festivals, des événements et des attractions touristiques. Pourtant, pour plusieurs jeunes diplômés, le passage entre la formation et le marché du travail demeure une étape complexe : comment se faire connaître, démontrer ses compétences et trouver sa place dans une industrie qu'ils souhaitent contribuer à faire évoluer?
Nous avons échangé avec Allyson McKinley, récipiendaire du Prix Expérience relève ÉAQ, en collaboration avec la Fondation Alliance pour la relève, qui connaît bien cette réalité.
Passionnée d'événementiel, elle a découvert le milieu grâce au bénévolat avant de poursuivre une formation en tourisme. Son parcours illustre l'importance des expériences concrètes, du réseautage et des occasions offertes aux jeunes de développer leur confiance et leurs compétences.

« Ma mère travaille dans l’événementiel et m’a impliqué dès l’âge de 6 ans comme bénévole supervisée. Quand j’ai eu 14 ans, j'ai continué par moi-même à faire du bénévolat dans des événements. Plus je m'impliquais, plus je réalisais que c'était un milieu dans lequel je voulais évoluer », explique-t-elle.
Aujourd'hui, son expérience lui permet de poser un regard nuancé sur les défis rencontrés par la relève et sur les actions qui pourraient faciliter son intégration dans l'industrie.
Pour Allyson, l'apprentissage ne se limite pas aux salles de classe. Les expériences vécues sur le terrain lui ont permis de développer des compétences concrètes et de mieux comprendre les réalités de l'événementiel.
À travers ses implications bénévoles dans plusieurs événements sherbrookois, dont le Festival des traditions du monde, la Fête du Lac des Nations, Bouffe ton Centro, Sherblues et le Défilé du Père Noël, elle a progressivement pris davantage de responsabilités.
« J'ai commencé par des tâches plus simples, puis j’ai progressivement pris en charge de nouvelles responsabilités au fil des années. Lorsque j’ai atteint l’âge de travailler, j’ai débuté sur le terrain dans le montage de différents événements. J’étais responsable de la supervision d’une équipe et je collaborais directement avec les promoteurs afin de planifier et coordonner les activités des équipes terrain. Ces expériences m’ont permis de développer mon sens de l’organisation, ma confiance ainsi que mes compétences en gestion d’équipe et en communication avec les différents intervenants. »

Selon elle, ces expériences devraient occuper une place encore plus importante dans les parcours de formation.
« Dans une formation en tourisme, on apprend énormément de choses en classe, mais c’est sur le terrain qu’on saisit pleinement leur portée et leur application concrète. »
Elle mentionne notamment l’importance de multiplier les occasions d'exploration sur le terrain pendant les études, par exemple grâce à des stages exploratoires ou des expériences pratiques dès les premières années de formation.
Si les jeunes souhaitent contribuer au développement de l'industrie, l'accès aux premières opportunités demeure un défi important.
« Le principal défi que je remarque, autant chez moi que chez plusieurs personnes de ma cohorte, c'est d'arriver à obtenir une première chance », souligne Allyson.
Selon elle, les jeunes diplômés arrivent pourtant avec un bagage significatif : formation spécifique, stages, bénévolat, emplois étudiants et projets scolaires. Toutefois, cette expérience n'est pas toujours reconnue comme une véritable expérience professionnelle.

« Même avec mon parcours en événementiel depuis plusieurs années, il demeure parfois difficile de démontrer la valeur de mon expérience et de me faire reconnaître comme une professionnelle du milieu. »
Elle soulève également un enjeu de compréhension de la formation en tourisme. Pour plusieurs employeurs, le terme « tourisme » demeure large et parfois difficile à associer à des compétences précises.
« C'est une formation très polyvalente qui touche le marketing, la communication, la vente, l'événementiel, l'accueil et plusieurs autres aspects de l'industrie. »
Mieux faire connaître cette polyvalence permettrait, selon elle, de mieux valoriser les profils issus de ces formations.
Pour Allyson, une partie de la solution passe par la création de liens plus tôt entre les étudiants et les professionnels du secteur.
« Lorsqu'on est en première année, on arrive souvent dans des événements de réseautage sans trop savoir comment aller vers les gens. On est jeunes, on manque parfois de confiance et on ne sait pas nécessairement comment créer des contacts. »
Elle invite donc les professionnels à prendre davantage l'initiative d'aller vers les étudiants.
« Une simple discussion peut permettre à un étudiant de mieux comprendre les possibilités qui existent dans l'industrie et de se projeter dans un futur rôle. C’est aussi une occasion pour les professionnels d’échanger avec la relève sur les aptitudes concrètes qu’elle développe en tourisme. »
Selon elle, les rencontres en personne, le mentorat et les occasions d'implication dans des événements peuvent faire une réelle différence.
« Les contacts ont une vraie valeur. Pour moi, c'est ce qui représente le plus ce Prix : une occasion de me faire connaître auprès de personnes de l'industrie et de continuer à bâtir mon parcours professionnel. »
L'intégration de la relève ne repose pas uniquement sur les jeunes eux-mêmes. Pour Allyson, les organisations touristiques ont aussi un rôle à jouer pour créer des occasions, transmettre leur savoir et accompagner les nouveaux talents.
« La relève a besoin d'occasions concrètes pour découvrir l'industrie, développer son réseau et comprendre les différentes possibilités de carrière. »
Cela passe notamment par des expériences terrain, du mentorat, des rencontres avec des professionnels et une communication plus transparente sur les réalités du secteur.
« Il faut présenter les belles possibilités de l'industrie, mais aussi donner un portrait réaliste des parcours professionnels afin que les étudiants puissent mieux se préparer. »
Alors que l'industrie touristique cherche à attirer de nouveaux talents, le témoignage d'Allyson rappelle une chose essentielle : la relève ne demande pas seulement une place dans le secteur. Elle souhaite aussi avoir les moyens de s'y développer et d'y contribuer.
Vous aurez l’occasion d’échanger davantage avec elle à l’occasion du Congrès ÉAQ 2026, présenté par Habo, les 3 et 4 novembre à Tremblant.